Un colza bas carbone à forte valeur ajoutée

Suivant l’évolution de la réglementation européenne, l'industrie des huiles et des biocarburants s'organise et annonce de nouveaux débouchés pour le colza. Gages de solidité pour l'avenir de la filière, il s’agit aussi de revaloriser la production. Aux objectifs quantitatifs fixés en 2009 (directive RED) s'ajoute, depuis fin 2018 (directive RED II), un objectif de qualité qui rebat les cartes en rémunérant les pratiques agronomiques.

Colza bas GES transformé en biocarburant
​​​​Pour s'orienter vers des pratiques vertueuses et ne pas être soumis aux taxes infligées par Bruxelles, les gros consommateurs de carburants sont prêts à payer plus cher.

Aux caractéristiques classiques de qualité qui qualifient une graine de colza, s’ajoute aujourd’hui la notion de durabilité, un critère lié aux gaz à effet de serre (GES) émis lors de sa production. Le marché européen du colza adossé à la filière industrielle des huiles et biocarburants entre ainsi dans une nouvelle phase. « À la notion de volumes, c’est-à-dire la proportion de biocarburants combinée aux énergies fossiles, s’ajoute celle de durabilité, via la réduction de l'empreinte carbone avant consommation », commente Damien Sagot, margine manager pour l'activité biodiesel chez Saipol (filiale du groupe Avril). Une performance écologique synonyme d'opportunités nouvelles et de revenus supérieurs pour les agriculteurs. En effet, la France, productrice de premier rang et pionnière sur le terrain des techniques culturales vertueuses, est en position favorable pour tirer son épingle du jeu.

Des clients prêts à payer plus cher pour des biocarburants bas carbone 

Plus l'itinéraire de culture est économe en gaz à effet de serre (GES), plus le potentiel de valorisation des graines est élevé. On dépasse donc le stade des bonnes intentions. Pour s'orienter vers des pratiques vertueuses, avoir accès aux appels d'offres et ne pas être soumis aux taxes infligées par Bruxelles aux mauvais élèves, les gros consommateurs de carburants (flottes publiques, transporteurs…) sont prêts à payer plus cher. « Les critères de durabilité vont de facto réduire la demande d'énergies fossiles et, surtout, faire baisser les importations de produits à base de soja et d'huile de palme », explique Damien Sagot. Cette logique vaut non seulement pour les biocarburants, mais aussi pour les huiles végétales et d'autres matières premières issues de la transformation des produits agricoles. Mathématiquement, la demande de colza européen va se consolider, avec une acuité renforcée sur le critère de la durabilité, qui peut bénéficier au stock français.

Nouveau carburant et nouvelle place de marché

Ces perspectives dépassent le stade des projections. En inaugurant une place de marché numérique dédiée aux oléagineux (OleoZE) et en commercialisant un combustible garanti bas carbone, Saipol, filiale du groupe Avril, incarne déjà cette mutation du marché des biocarburants, qui tend à valoriser les modes de production durables. La solution OleoZE est conçue pour définir la valeur des graines mises en vente par les producteurs et récompenser les plus vertueuses par une meilleure rémunération. Et Saipol montre ainsi la voie avec Oleo100, un biocarburant qui garantit 60 % de réduction d'émissions de GES, entre la culture et sa transformation industrielle.

L'intérêt des industriels pour le colza français va donc se renforcer, pour atteindre les objectifs d'ores et déjà définis par l'Europe et pour gagner de nouveaux marchés. Début 2020, il était ainsi question de créer une filière nationale pour les biocarburants aéronautiques durables, un élément de la stratégie gouvernementale "bas carbone".

Oleo100 : 100 % végétal et français !

Plus de 120 clients et près de 500 mètres cubes produits chaque semaine par l'usine du Mériot (Aube), l’Oleo100 de Saipol affiche déjà de beaux résultats. Ce biocarburant 100 % français et végétal alimente des chaudières (industrielles et collectives) et, dans le domaine du transport, des péniches et des flottes de poids lourds. Les constructeurs aussi sont concernés, comme le prouve l'accord conclu avec Renault Trucks qui travaille à rendre ses moteurs compatibles avec les carburants B100. « L'alliance entre les producteurs de biocarburants et les constructeurs permet de décarboner avec une efficacité immédiate, insiste Claire Duhamel, directrice Oleo100 chez Saipol. Dépourvu d’énergie fossile, Oleo100 réduit de 80 % le rejet de particules fines lors de sa consommation. De plus, Oleo100 assure 60 % de réduction d'émissions de GES, entre la production agricole et la transformation industrielle. Un score qui s'explique, entre autres, par la provenance de la matière première récoltée à 100 % en France ! » 
« En visant toujours l'objectif d'indépendance protéique, reprend Claire Duhamel, Saipol compte bien transformer un maximum du colza français avec un double objectif : valoriser une production agricole durable et décarboner les usages. »

Tout le potentiel du colza en chiffres !

1 tonne de colza français, c’est :

  • 56 % de tourteau
  • 15 % d'huile
  • 3 % de glycérine
  • 26 % de diester pour la production de biocarburants

De 25 000 mètres cubes d'Oleo100 produits aujourd'hui, Saipol ambitionne de passer à 250 000 mètres cubes à l'horizon 2023 ! 

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