Les OAD évoluent vers la traçabilité agroécologique

D'abord conçus pour un suivi technique et une traçabilité réglementaire (PAC) simplifiés, les OAD et autres solutions numériques agricoles évoluent vers une traçabilité dite "agroécologique". L'urgence écologique et l'exigence des consommateurs, qui favorisent l'émergence des filières vertueuses et des cahiers des charges bas carbone, guident cette mutation technologique.

Les OAD évoluent vers la traçabilité agroécologique

Rendre compte d'un ensemble de pratiques agricoles vertueuses (sols, climat, biodiversité) : c'est la traçabilité dite agroécologique. Elle permet aujourd'hui d'accéder à des formes additionnelles de rémunération (crédits carbone, bonus bas carbone…). Mais des saisies informatiques et autres relevés chiffrés s'imposent à l'agriculteur. Pour gagner du temps, dématérialiser, centraliser leurs données et les archiver, les producteurs peuvent déjà compter sur les solutions numériques d'aide à la décision et, pourrait-on ajouter, d'aide à la traçabilité, vu les adaptations en cours. Les interfaces ne manquent pas. C'est leur interopérabilité qui permettra une traçabilité simple et efficace : une seule saisie pour dialoguer avec plusieurs acteurs.

Un panel personnalisé de formulaires de saisie

Crédits carbone, bonus, labels = cahiers des charges particuliers ! Sur les OAD existants, les formulaires de saisie peuvent être adaptés, pour une vraie traçabilité. Il faut d'abord préciser que de nombreuses saisies de suivi technique sont utiles à la traçabilité agroécologique : l'historique des interventions sur le sol, les amendements, les passages de phytos, la consommation de carburant, mais aussi la gestion des résidus de culture et l'implantation des couverts végétaux, les densités de semis, les rendements. D'autres champs de saisie vont avoir tendance à apparaître, comme l'origine des semences ou les données de gestion des haies ou des arbres (agroforesterie).

Plus de terminaux pour une saisie facilitée

Comme la majorité des champs de saisie pour la traçabilité agroécologique existe déjà, l'enjeu sera donc de programmer ceux qui manquent et d'en faciliter la saisie. Cette dernière tend à devenir presque instantanée, grâce à l'usage des terminaux mobiles et des nouvelles consoles intégrées aux cabines de tracteurs.

Plus que la simple Data : l'interopérabilité

Le véritable défi technique n'est donc pas l'effort de programmation et de saisie. C'est la circulation large d'une quantité maîtrisée de données. Les OAD deviennent de véritables outils de traçabilité car tous les acteurs des filières ont progressivement accès à une unique source de données techniques pour chaque producteur. Cette interopérabilité est décisive pour fiabiliser la traçabilité et la rendre efficace. C'est un enjeu d'autant plus important pour rationaliser et éviter l'empilement de données. Qui dit "data" dit en effet "datacenters", lesquels sont fortement consommateurs de ressources et émetteurs de GES !  Question de cohérence, les solutions de traçabilité agroécologiques doivent aussi être "bas carbone".

 

Trois questions à Frédéric Supiot, responsable du Pôle "Solutions Numériques" de la Chambre d'Agriculture des Pays de la Loire.

Les OAD permettent-ils d'emblée une forme de traçabilité des lots.

C'est indéniable, dans la mesure où le suivi parcellaire des itinéraires techniques rejoint de nombreuses données liées à la traçabilité agroécologique (travail du sol, amendements, fertilisation, phytos etc…). En outre, certains OAD peuvent déjà échanger des données avec les acteurs aval des filières grains, sur la base du consentement, pour éviter à l'agriculteur les saisies à répétition.

Jusqu'où s'étend le potentiel d'adaptation des OAD aux objectifs de traçabilité ?

Le potentiel est très élevé. On peut déjà ajouter des formulaires de saisie et des champs de données, qui s'adaptent aux différents cahiers des charges. Les systèmes numériques sont par définition très adaptables. Mais il faut garder à l'esprit que la complexité des données ne doit pas être intégrée aux dépens de la simplicité d'utilisation. C'est notre grande ambition pour notre outil numérique Mes parcelles. Cela dépend de notre capacité de dialogue entre acteurs, pour ne pas surajouter champ sur champ, saisies sur saisie, et pour assurer l'accès sécurisé d'un plus grand nombre à une seule source de données. C'est l'interopérabilité.

Cette interopérabilité "généralisée", de qui dépend-elle ?

De tous les acteurs : spécialistes des solutions numériques jusqu'aux industriels qui transforment les lots tracés. Les agriculteurs eux-mêmes sont partie prenante de cet effort, comme l'illustre le projet de plateforme de consentement et d'échange de données AGDATAHUB. Il met en avant la "valeur" des données issues de la conduite d'une exploitation agricole lorsqu'elles peuvent être échangées sur des plateformes dédiées. Mais sans perdre de vue le respect de la propriété et de la confidentialité. Si la traçabilité implique l'interopérabilité, elle exige aussi la sécurisation et la maîtrise, par l'agriculteur, de l'usage des données dont il est propriétaire. Traçabilité et confiance vont de pair !

 

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